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Articles de journaux (en millions de FF) Production 99 Dupuis 370 61 Groupe Dargaud
272 Dargaud 68 Kana 36 Le Lombard 41 Casterman 130 75 Fluide Glacial 57 12 Glénat 136 162 Vents d'Ouest 44 58 Soleil 60 60 Albin Michel BD 45 32 Delcourt 30 80 Humanos 25 25 Libération Le Dr Rotule fait tousser
TF1
La
polémique enfle autour d'une réponse du public de «Qui veut gagner des
millions?» Un débat d'ectoplasmes sur Tintin «Un centriste à la belge» Exception
Editorial Tintin format
ad hoc?Le
philosophe navigateur donne chair au sujet qui pense. En vision onirique,
l'aventure continue. Vol 70 pour tintin
Notre héros a bon dos «C'est un adulte d'à peu près 39 ans» Il y a une vie après l'auteur Il est époux de la veuve
d'Hergé et gestionnaire des droits du petit reporter. Entretien avec le
Britannique Nick Rodwell, le Rastapopoulos des tintinophiles. Tintintamarre à Moulinsart Télérama Hergé ou l’art de l’empruntBon anniversaire Tintin TINTIN PARADISE® Le nouveau parc d'attractions européen sera consacré à TINTIN Source: ABP - 1/04/1998 Le Dr Rotule fait tousser TF1 Par R.G., C. MA. ET I.R. Le mardi 10 octobre 2000 Rotule. Oui, rotule et non pas omoplate, ménisque ou tympan. C'est bien ce qu'il fallait répondre à la question: «Dans Tintin, quel médecin vient soigner le capitaine Haddock?» posée le 30 septembre sur TF1 par Jean-Pierre Foucault dans Qui veut gagner des millions? Et le public, sollicité par le candidat, ne s'y est pas trompé qui a voté pour «Rotule» à 73 %. Résultat: le candidat Frédéric G., étudiant en BTS d'informatique à Caen, suit son judicieux conseil, poursuit son parcours dans la pyramide des gains et empoche le jackpot de 4 millions de francs. «Imaginaire collectif». Au même moment, à Nice, Fabrice Le Dantec, planté devant sa télé, manque de tomber de son siège. Il est formel: le public ne peut pas être aussi unanime sur «Rotule». Et Fabrice de s'ouvrir de ses doutes auprès de plusieurs rédactions via l'Internet. Réponse de Starling, la maison de production de Qui veut gagner des millions? C'est «l'imaginaire collectif» qui a poussé le public à voter «Rotule». Quant à Etienne Mougeotte, directeur de l'antenne de TF1, il élude dans le Journal du Dimanche: «Le plus probable est qu'il s'agit d'un heureux hasard»... Dès mercredi, Laurent Ruquier persifle. Samedi, Libération publie les soupçons de Fabrice Le Dantec (pages Rebonds des 7-8 octobre). C'est le début de «l'Affaire Rotule»: France Info, l'AFP, Canal +, BFM, Europe 1, RMC, Nice-Matin, etc., contactent Le Dantec, le bruit s'amplifie. L'épidémie atteint la Provence qui tente de lancer «l'Affaire GRS» du nom d'une question posée samedi, dans la dernière édition de Qui veut gagner des millions? Le quotidien marseillais doute que la candidate ait pu trouver si facilement la signification du sigle alors que la gymnastique rythmique et sportive, selon le journal, est passée de mode depuis dix ans. Pendant que sur les forums Internet, des téléspectateurs déchaînés en profitent pour dire son fait à TF1 (entre autres: «PPDA présente toujours le 20 heures malgré son interview truquée de Castro. Alors ça, si c'est vrai, c'est du pipi de chat»), les tintinophiles s'agitent. Le Dantec affirme que le Dr Rotule n'apparaît que dans deux albums (Objectif Lune et On a marché sur la Lune). «Eh bien, il a presque tout faux, notre bachi-bouzouk de commentateur», fait savoir à Libération Daniel Fimbel de Nice, qui signale que le fameux docteur est également mentionné dans les Bijoux de la Castafiore. Soit, mais les trois quarts du public de Qui veut gagner des millions?
connaissent-ils aussi bien Tintin? Pour Serge Tisseron, psychanalyste
et auteur du Secret d'Hergé, «ceux qui ont lu Tintin petits
se souviennent de Rotule. Les enfants se rappellent en effet bien mieux les
noms propres que les adultes. En plus, "Rotule" c'est un nom
amusant». Chez Casterman, études à l'appui, on s'inscrit en faux: «44
% des Français possèdent un album de Tintin mais le Dr Rotule, un personnage
vraiment très secondaire, n'apparaît pas dans les trois best-sellers.» Chez Starling, la productrice du jeu, Laurence Jomand, n'en peut plus et supplie qu'on la croie: «Comment voulez-vous que je triche? J'ai un huissier qui me colle aux fesses toute la journée.» Et de préciser: «Les 73% font référence aux votes exprimés, et non au nombre total de spectateurs sur le plateau.» En gros, il suffit que sur les 200 personnes du public, 4 seulement votent, et que 3 trouvent la bonne réponse pour arriver à ce pourcentage. Triche. «L'affaire Rotule» a peut-être une explication bête comme chou: c'est que le public triche. C'était déjà le cas dans Que le meilleur gagne, jeu similaire (et du même inventeur) qui fit les belles audience de France 2. Comme dans l'émission de TF1, 200 candidats devaient choisir entre 4 réponses en tapant sur un boîtier et... copiaient allègrement en regardant par-dessus l'épaule du voisin. Alors, y a-t-il un os à ronger dans l'Affaire Rotule?. Un débat d'ectoplasmes sur Tintin Comme à la fin du Lotus bleu, lorsqu'il quitte la Chine, Tintin aurait sans doute versé une larme de tristesse, hier, dans les sous-sols de l'Assemblée nationale. Car il a manqué au débat organisé par le club des parlementaires tintinophiles – «Tintin est-il de gauche ou de droite ?» – quelques qualités essentielles du héros à la houppe: sensibilité, poésie et, surtout, légèreté de l'humour. Le battage autour de cette rencontre organisée par Dominique Bussereau (Démocratie libérale, Charente-Maritime) avait mobilisé une vingtaine de chaînes de télévision (Australie, Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique...), l'ambassadeur de Belgique ou Olivier Revol, «préfet, cabinet du président Giscard d'Estaing». Dans cet endroit où il fallait être, la veuve d'Hergé, Fany Rodwell, et son mari britannique, qui régissent les royalties du dessinateur décédé en 1983, ont snobé questions et réponses. Peu à l'aise dans cette ambiance pas du tout bon enfant, Michel Herbillon (DL, Val-de-Marne), jugeait tout cela à la fois «inquiétant... et amusant». Entre une statuette à l'oreille cassée et un buste en bronze d'Hergé, Thomas Sertillanges, auteur de la Vie quotidienne à Moulinsart, a posé les enjeux du débat via une série de diapositives retraçant les principaux traits de caractère du reporter au Petit Vingtième: antimilitariste, toujours du côté des plus faibles (Tchang, Zorrino...), incorruptible, sens extrême de l'amitié... Puis le député de la Gauche socialiste Yann Galut (Cher) s'est lancé dans une interminable démonstration en présentant Tintin comme le candidat de la «gauche plurielle» en cas de présidentielle anticipée. Pourquoi ? «C'est un anticapitaliste primaire [cf. ses aventures en Amérique], il lutte contre la drogue et les grands groupes [Coke en stock].» Seul point faible de son candidat: «Les relations franco-africaines que nous réécrirons [Tintin au Congo].» Tintin «gauche plurielle» a déjà ses ministres: la Castafiore à la Culture, Tchang à l'Intégration ou monsieur Sanzot à l'Artisanat et au Commerce. Calembours. Pas d'accord, bien sûr, Didier Quentin (RPR,
Charente-Maritime) a enchaîné calembours et références: «Tintin, ce n'est
ni la gauche, ni la droite. Il est ailleurs. Il est gaulliste, je dirai même
plus: gaullien.» Ses deux héros, de Gaulle et Tintin, «seuls contre
tous», n'ont-ils pas des points communs ? «Mépris de l'argent et du
luxe, rejet des communistes et des capitalistes sauvages, Moulinsart pour
l'un, la Boisserie pour l'autre.» Vacheries. Quelques mots de Jean-Marie Bockel (PS, Haut-Rhin) pour expliquer que «Tintin est inclassable puisque rebelle à toute vision réductrice». Et ce fut au tour de l'homme des bons mots, André Santini (UDF, Hauts-de-Seine) de conclure en enfilant les vacheries. «S'il avait été de gauche, Tintin aurait été en Afrique avec un sac de riz et des caméras de télé ; il porterait des chaussures beaucoup plus luxueuses ; et puis Tintin escalade le Tibet pas Solutré. [...] En une circonstance seulement Tintin est de gauche: lorsqu'il apporte la civilisation aux Congolais. Tintin au Congo, c'est Rocard dans les banlieues.» Le président belge des Amis d'Hergé a cru devoir imiter les hommes politiques français évoquant Tintin et puis on a vite levé la séance. Le capitaine Haddock leur aurait bien adressé une bordée de jurons... «Un centriste à la belge» Quel est le parti politique de Tintin? Libération a demandé son avis à Numa Sadoul, 52 ans, critique de bandes dessinées et metteur en scène, auteur de Tintin et moi, entretiens avec Hergé, paru chez Casterman en 1975. Dans les années 70, à la fin de sa vie, quand il s'exprime en public, Hergé revient souvent sur la question de la politique dans les albums de Tintin... Cela le hante, car, depuis la Libération, on lui pose cette question de façon récurrente. Pendant la guerre, Hergé a continué à dessiner pour le quotidien le Soir et a conservé ses relations avec des collaborateurs, voire des nazis. S'il a su s'éloigner à temps de Léon Degrelle, le leader rexiste (mouvement d'extrême droite belge), il n'a jamais renié ses autres amitiés. Après la guerre, il a passé une ou deux nuits en prison pour collaboration, avant d'être blanchi. A partir de 1968, dans le monde de la bande dessinée, son passé lui a été de nouveau reproché. Vous qui en avez parlé avec lui, estimez-vous que Tintin est de droite
ou de gauche ? Tintin est-il un supplétif ? Et eux, justement, sont-ils de droite ou de gauche ? Recueilli par ERIC AESCHIMANN Tintintamarre à Moulinsart Par FRANÇOIS RIVIERE , le 27/1/2000 Le premier ouvrage consacré à Hergé et à son œuvre a paru en 1958 sous le titre le Monde de Tintin. Il était l'œuvre de Pol Vandrome, journaliste et romancier belge habile à ciseler la silhouette d'un créateur irréprochable, serein et fier de son travail. La suite a montré qu'Hergé n'avait jamais été vraiment ce personnage marmoréen que le roublard Vandrome tentait de nous faire gober, même s'il reste un fonds de vérité troublante dans ce portrait. Contrairement à ce qu'ont certainement cru beaucoup de ceux qui l'entourèrent au cours des dernières décennies de sa vie, Hergé n'avait jamais tout à fait quitté le monde de son enfance, ce quartier des Marolles à Bruxelles dont il aimait la gouaille et l'innocence, pas plus qu'il ne s'était défait d'une morale de boy-scout qui lui valut de rester fidèle, au mépris du danger, à ses amis journalistes durant la guerre. Prisonnier de cette tour d'ivoire que symbolisaient si bien les «Studios Hergé» de l'avenue Louise, il se laissa peu à peu gagner par les vapeurs anesthésiantes d'une philosophie orientaliste et mondaine qui lui permettra du reste d'accepter avec stoïcisme les affres de la maladie qui devait l'emporter finalement. L'amour de sa seconde femme, Fanny, lui fut plus nécessaire que la ferveur des lecteurs ou le retour médiatisé de son ami Tchang, et à sa mort, le 3 mars 1983, il laissait derrière lui beaucoup de questions sans réponses. L'enquête du journaliste Hugues Dayez dont le titre, Tintin et les héritiers, aurait pu être celui d'un album encore plus confus et crypté que l'Alph-art, se présente comme une «chronique de l'après-Hergé» et met en scène un certain nombre d'acteurs d'une tragicomédie qui ne le cède en rien, parfois, aux ridicules de Mariage de mademoiselle Belumans, la célèbre pièce de boulevard belge. Mais la fiancée n'y est pas celle qu'on croit. Scénario: lorsque, quelques années avant la mort d'Hergé, son secrétaire, le baron Baudoin van den Branden de Reeth, tombe gravement malade, le cartoonist fait appel au fils d'une amie, comme lui «adepte de recherche spirituelle». Alain Baran a été danseur dans la compagnie de Maurice Béjart, il est intelligent, distingué, et attise la fibre paternelle d'Hergé, resté comme on sait sans progéniture. Au très cultivé et matois Baudoin succède donc un ingénu volubile que la gloire hergéenne enivre forcément. Un lent processus se met alors en place, celui du divorce entre la méthode d'exploitation, jusque-là très plan-plan, du monde de Tintin à travers notamment la publicité et les intentions au demeurant fort louables de Baran. La personnalité complexe d'Hergé va contribuer au flou artistique dont procèdera dès lors la démarche d'Alain Baran, décidé à faire entrer Tintin de plain-pied dans le domaine de la communication haut de gamme. Il y réussit d'abord plutôt bien, lors de la célébration des cinquante ans du personnage. Finie la publicité ringarde pour l'huile Tournesol. Puis sous l'œil amusé d'un Hergé qui, déjà très fatigué, délègue énormément à son jeune secrétaire, des contacts sont établis avec les bureaux de Steven Spielberg, fasciné par les aventures de Tintin... Un grand rêve s'ébauche, qui de malentendus en incidents, ne prendra jamais forme. A la mort d'Hergé, tout bascule. Fanny, fidèle à la mémoire de celui dont elle a courageusement accompagné les derniers moments, fait savoir qu'il n'y aura, selon la volonté du mourant, jamais de nouvelles aventures de Tintin. Elle se heurte en cela à l'incompréhension de Bob De Moor, le bras droit du dessinateur, homme généreux et nullement intéressé mais qui aimerait assurer la survie des studios en poursuivant l'œuvre du génie disparu. Entre en scène Johan, le propre fils de Bob, dont le talent avait naguère impressionné Hergé et qui, provisoirement, maintient à flot la production en reprenant la série «Quick et Flupke». Mais un malaise s'installe: Alain Baran ne veut en aucun cas devenir le secrétaire des «Studios De Moor». Au cours des années suivantes, s'organise un véritable combat autour des restes d'Hergé, le fameux album inachevé, baptisé l'Alph-art, dont l'exégète Benoît Peeters se voit confier la mise au monde, bien vite contrariée par l'inconstance des acteurs du drame. Mais en 1983, déjà, s'est profilé un nouveau protagoniste, un sémillant fanatique anglais de l'œuvre d'Hergé, Nick Rodwell. Celui-ci est visiblement obsédé par le désir d'exploiter de manière très sophistiquée l'image de Tintin. Ses visées entrent en conflit avec celles de Baran, pétri de rêves grandioses mais moins matter of fact. Ainsi, le mensuel Tintin Reporter, créé par Baran avec la complicité d'un jeune graphiste, Jean-Manuel Duvivier dans un studio proche de la statue du Manneken-Pis, puis dans des bureaux cossus, devient-il le symbole d'une folle entreprise bientôt vouée à l'échec. Mais, pendant ce temps, naît une idylle, celle qui va lier les destins de Fanny et de Nick Rodwell... la fondation Hergé, qui a succédé aux Studios, par décisions de Baran et de Fanny, devient le théâtre d'une série de passes d'armes inquiétantes pour la survie de «l'esprit Tintin». Si le projet Spielberg a capoté, un accord a été signé avec un producteur français pour la réalisation d'une série de dessins animés qui, à ce jour et quoi qu'on en dise ont su freiner la désaffection du public pour l'œuvre d'Hergé, phénomène commercial irréversible. Alain Baran ayant jeté l'éponge, l'idée fixe de Nick Rodwell de rentabiliser l'image de Tintin à tout prix, le rend d'autant plus impopulaire qu'elle tranche avec le laisser-aller bon enfant du grand artiste disparu. Du coup, les passions s'enflamment. Benoît Peeters, biographe d'Hergé et directeur de la bibliothèque de Moulinsart, s'en prend ouvertement à une forme de mercantilisme qu'il juge disgracieuse. Mais n'est-ce pas aller à contre-courant d'un mouvement général qui veut que, désormais, «Tintin» soit une marque, au même titre que le sont devenues, outre-Manche, les oeuvres d'Agatha Christie ou d'Enid Blyton, autres fleurons de l'imaginaire des baby-boomers? Fanny, quant à elle, s'accroche dignement à l'irrévocable décision de laisser intacte l'œuvre du maître, mais pour combien de temps encore? Le projet, pourtant judicieux, de la création d'un musée Hergé situé en plein Bruxelles, à deux pas des Marolles, semble abandonnée. Dommage. On parle d'une comédie musicale inspirée du dyptique Sept boules de cristal/Temple du soleil. La rumeur grandit d'un film que produirait Claude Berri. Mais, curieusement, le «tintintamarre», comme disait Hergé, dissimulant son agacement sous un gentil sourire, n'a servi qu'à dissimuler l'impuissance à servir utilement sa mémoire. Alain Baran, qui dirige aujourd'hui un café-théâtre à Bruxelles, songerait-il à mettre en scène un spectacle inspiré par les aventures de Tintin et les héritiers ? Le chien de garde de Milou RECUEiLLI PAR JEAN QUATREMER, le 27/1/2000 Nick Rodwell est l'homme qui cristallise toutes les haines et toutes les frustrations des admirateurs d'Hergé. Citoyen britannique aujourd'hui âgé de 47 ans, il rencontre en 1986 Fanny, la veuve du dessinateur mort trois ans plus tôt. En 1993, ils se marient. C'est à ce titre que ce parfait inconnu s'est retrouvé en charge de l'héritage laissé par Hergé. Depuis, son procès est permanent : mercantilisme, élitisme, volonté de contrôler l'œuvre au point de la stériliser, etc. Votre cas ne s'arrange pas: dans le livre d'Hugues Dayez vous
apparaissez une nouvelle fois comme le salaud de service. Depuis votre entrée en scène, en 1990, les admirateurs d'Hergé se
livrent à un procès permanent contre vous. Pourquoi tant de haine? En Belgique, l'héritage d'Hergé est vécu de façon très passionnelle. Vous donnez une image très dure de la société Moulinsart, par exemple
en demandant 42 000 francs de dommages et intérêts à l'hôtel des ventes Horta
de Bruxelles parce qu'il a utilisé dans son catalogue des vignettes Tintin
sans votre autorisation en vue d'une vente publique d'objets de BD qui a eu
lieu samedi dernier (1). On vous accuse à demi-mot d'avoir séduit Fanny Hergé pour accaparer
l'héritage d'Hergé... Hergé n'était pas un homme d'affaires, d'où sans doute la virulence de
vos détracteurs. Vous espérez être le Eisner d'Hergé? En surprotégeant l'image de Tintin, n'avez-vous pas contribué à la
figer au point d'en faire une figure du passé? Hergé lui-même a redessiné ses albums pour les remettre aux goûts du
jour. Ne faudrait-il pas poursuivre ce travail , en autorisant la création de
nouveaux albums? (1) La couverture originale à l'encre de Chine de la Vallée des cobras, aventure de Jo et Zette, a été vendue 1 100 000 francs belges (environ 160 000 F.), record de Belgique. Le record du monde appartient aussi à Hergé pour une planche du Sceptre d'Ottokar vendu à Drouot 570 000 F, l'automne dernier. Il y a une vie après l'auteur Par MATHIEU LINDON, le 9/1/99 Aucune nouvelle aventure de Tintin n'est parue depuis la mort d'Hergé, en 1983. Que le héros ne survive pas à son créateur n'est pourtant pas la norme. Résumé (avec l'aide du Dictionnaire mondial de la bande dessinée de Patrick Gaumer et Claude Moliterni, chez Larousse) des aventures de certains des plus vieux et célèbres personnages de BD francophone. Spirou. Créé en 1938 par Rob-Vel, le petit groom est très vite abandonné par son géniteur, et c'est en fait à Franquin (qui le dessine de 1946 à 1968) qu'il doit sa gloire. Ses aventures sont ensuite imaginées par Tome et Janry. Le rythme de parution ne se dément pas, de sorte que le troisième millénaire pourrait, à l'instar de la série le Petit Spirou, créée en 1987, voir naître une flopée de Vieux Spirou. Blake et Mortimer. Créés en 1946 par Edgar-Pierre Jacobs, l'Anglais et l'Ecossais (le premier travaille à l'Intelligence Service, le second dans la physique nucléaire) ont vu leur père mourir en 1987. Ils renaissent pourtant en 1996, dessinés par Ted Benoit et scénarisés par Jean Van Hamme. Il semble même que Dargaud, qui a chèrement acquis les droits des personnages, soit maintenant résolu à doubler leurs aventures, mettant deux dessinateurs sur le coup si un seul ne suffit pas à soutenir le rythme du scénariste. Lucky Luke. Créé en 1946 par Maurice De Bévère (alias Morris), le cow-boy solitaire loin de son foyer et tirant plus vite que son ombre connaît sa splendeur quand René Goscinny est son scénariste, de 1955 à 1977. Après sa mort, Morris travaille, pour des résultats divers, avec plusieurs scénaristes et crée une série parallèle à partir de Rantanplan, le chien le plus bête de l'Ouest. Le premier album de Lucky Luke s'intitule la Mine d'or de Dick Digger, et tout laisse en effet à penser que les volumes se multiplieront tant que le filon ne sera pas épuisé. Buck Danny. Créé en 1947 par Georges Troisfontaines, Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, l'aviateur en chef modèle de l'armée américaine a connu la gloire dans toutes les guerres possibles (et aussi en temps de paix) grâce à Hubinon et à Charlier. Mais le premier meurt en 1979, et le second en 1987. Les derniers albums réalisés l'ont été par Francis Bergèse, auteur des dessins et des scénarios (le prochain sera en avril chez Dupuis, dont le héros positif s'était un temps éloigné). Alix. Créé en 1948 par Jacques Martin, le jeune Gaulois devenu fidèle protégé de Jules César vit calmement sa vie (21 albums ces cinquante dernières années), même s'il a maintenant une autre série, les Voyages d'Alix. Son inventeur, souffrant d'une maladie des yeux, organise déjà la survie de son personnage et a cosigné le dernier album avec Rafael Morales. Alix et Enak ont tout pour vivre encore longtemps heureux et avoir beaucoup d'enfants. Les Schtroumpfs. Créés en 1958 par Pierre Culliford (alias Peyo), les petits hommes bleus qui ne se distinguent pas par la richesse de leur vocabulaire sont apparus en 1960 dans une aventure de Johan et Pirlouit, qui étaient alors les vrais héros. Mais les nains vont tellement grandir que la mort de Peyo ne suffira pas à stopper leurs aventures. Dans les années à venir, ils peuvent imposer leur orthographe à l'Europe. Euroland ou Eurolande? Euroschtroumpf (Eurosmurf, en anglais). Astérix. Créé en 1959 par René Goscinny et Albert Uderzo, l'irréductible Gaulois a fait face à un deuil terrible, en 1977, avec la mort du premier nommé. Uderzo n'appelle alors personne pour remplacer Goscinny et s'occupe lui-même des scénarios. Cette survie à lui-même du personnage provoque une double détresse: les aventures sont désormais plus consternantes, et leur succès plus considérable. Blueberry. Créé en 1963 par Jean-Michel Charlier et Jean Giraud, le militaire aussi dégueulasse et malchanceux que Buck Danny est impeccable et béni des dieux dut affronter la mort de son scénariste Charlier, en 1989, et son propre succès, qui le fait se démultiplier, avec les séries parallèles la Jeunesse de Blueberry et Marshal Blueberry. Cela fait beaucoup pour un personnage si désinvolte. Achille Talon. Créé en 1963 par Michel Greg, le bourgeois crétin et bavard devenu héros à Pilote («Mâtin, quel journal!») a, comme Spirou, changé de propriétaire du vivant même de son géniteur. Greg vend en effet son personnage, témoin privilégié de l'âge d'or de Pilote, aux éditions Dargaud en 1997, qui s'occupent de le sous-traiter. On ne devrait pas manquer d'aphorismes dans les années à venir . «C'est un
adulte d'à peu près 39 ans» Par GÉRARD LEFORT, le 9/1/99 Les aventures de Tintin, Silvère, 7 ans, les suit avec passion depuis aussi loin qu'il s'en souvienne. «Déjà, pour ma naissance, mes parents m'ont offert une petite statue de Tintin dans un vase du Lotus bleu. Et j'ai un poster du Petit Vingtième dans ma chambre.» Avant de savoir lire, il feuilletait déjà avec plaisir les exemplaires offerts par son père, imaginant des dialogues autour des bulles que sa mère consentait à lui lire («Elle n'aime pas me raconter des BD»). Et, depuis le CP, il a découvert la joie du texte, malgré quelques «mots difficiles». Mais l'agrément majeur semble être le dépaysement: «Mes moments préférés, c'est quand Tintin est en Asie. Par exemple, en Inde dans les Cigares du pharaon. L'aventure que j'adore le plus, c'est le Lotus bleu. A cause de la Chine, et parce que Didi, le fou empoisonné au rajajah, me fait rire. Je sais que Chang a existé en vrai, et qu'il est mort il n'y a pas longtemps.» Autres bons moments relevés par Silvère: «Dans Rackham le Rouge, j'aime bien les requins, et aussi la machine à brosser les costumes du professeur Tournesol.» Evidemment, les insultes du capitaine Haddock font toujours un tabac (même si Silvère semble préférer traiter sa sœur de tapette que de moule à gaufre), de même que les «je dirais même plus» des Dupondt. A qui s'identifie-t-il? «J'imagine que je suis Tintin.» Et quel âge a Tintin? «C'est un adulte d'à peu près 39 ans, qui est journaliste et qui vit dans le monde d'aujourd'hui.» Jusqu'à quand peut-on lire Tintin? «Le père d'un copain à moi en lit toujours.» Il doit avoir 77 ans. Notre héros a
bon dos Par GÉRARD LEFORT, le 9/1/99 Une raison du tassement des ventes de Tintin, c'est la solidité des albums. Qui fait qu'un volume acheté à 7 ans pourrait bien persévérer jusqu'à 77 sans qu'il soit nécessaire de le renouveler. Cette vie dure tient tant à la qualité du papier d'imprimerie (grammage fort) qu'à la robustesse de la reliure, dont on peut parler puisqu'elle a une histoire. Il est avéré en effet que, pour les albums «historiques» (disons jusqu'à Tintin au Tibet parce que, après, quelle décadence!), le danger d'accident menaçait par la reliure, qui, à force d'être ployée sans cesse au rythme forcément frénétique des relectures, finissait souvent par rompre. Quelle désolation, alors, que cette débandade de pages dans tous les sens qu'aucun rafistolage au ruban adhésif ne pouvait réparer! Ainsi du soir où, au lit, le Lotus bleu nous péta entre les doigts, plongeant l'enfant dans une mélancolie inconsolable. La nouvelle reliure carrée permet aussi d'y imprimer le titre de l'album. C'est bien pratique pour le rangement à la verticale, chronologique ou pas. Mais, en même temps, ça ne va pas, pour une raison qui n'a rien à voir avec la nostalgie. En effet, ce marquage par le dos contrarie l'un des principes fondamentaux de lecture des Tintin: la pioche hasardeuse, la lecture aléatoire, qui est la seule tenable puisque, aussi bien, on connaît toutes les histoires par cœur. Or, avec les albums au dos anonyme, il arrive qu'on n'imagine pas a priori ce qu'on va relire. Et c'est à cette condition que se lève la sorcellerie foudroyante de Tintin: c'est toujours chaque fois la première fois.
Editorial Par FRANCOIS
ARMANET, le 9/1/99 Vol 70 pour tintin
Par MATHIEU LINDON, le 9/1/99 Le 10 janvier 1929, le Petit Vingtième, journal
catholique de Bruxelles, envoyait «un de ses meilleurs reporters» accompagné
de son «sympathique cabot» en «Russie soviétique»: le reporter
s'appelait Tintin et le chien Milou. C'était leur première apparition mais on
n'avait pas fini d'en entendre parler. Pour leurs 70 ans, Casterman publie
pour la première fois Tintin au pays des Soviets en édition intégrale
à bon marché (142 pp., 56 F). Après que Tintin fut devenu célèbre, Hergé
lui-même ne souhaitait pas trop que cet album ait une trop grande diffusion,
parce qu'à la fois le dessin et l'idéologie étaient un peu tâtonnants, ce
volume semblant le sommet d'un anticommunisme sans nuance. Qui l'eût cru?
Soixante-dix ans plus tard, Tintin a enterré l'URSS, et certains trouveront
aujourd'hui prophétique ce même anticommunisme naguère primaire du Pays
des Soviets. En 1929, Georges Remi a 22 ans et a déjà
réalisé en tant que Hergé des Aventures de Totor. Le protecteur abbé
Norbert Wallez lui a confié une espèce de direction artistique du Petit
Vingtième, le supplément hebdomadaire du quotidien le Vingtième Siècle.
Hergé estime que le plus sûr est de s'occuper soi-même des illustrations (en
noir et blanc). Tintin et Milou n'ont pas leur graphisme définitif dès le Pays
des Soviets, la coiffure de Tintin ne se fixe qu'en cours d'albums. Le
capitaine Haddock, le professeur Tournesol et les Dupondt n'ont encore aucune
existence. Les aventures ne sont pas très construites (une page a d'ailleurs
été oubliée sans causer de scandale dans presque toutes les éditions
précédentes), c'est une suite de gags, et le comique n'a jamais été la
qualité principale de Hergé (même s'il allait recycler pas mal d'idées dans
des volumes suivants). Quoi qu'il en soit, les ventes du Petit Vingtième décollent.
Un héros est né. Dès 1930, Tintin et Milou sont au Congo. Les Noirs, les
Arabes et les juifs seront aussi, un temps, après les communistes et avec
quand même plus de mesure, les victimes de Hergé. Ces soixante-dix années écoulées ont vu le
reporter et son chien vendre 200 millions d'albums (dont la moitié dans les
pays francophones). La courbe des ventes, telle que la fournit Casterman,
permet de suivre la carrière du héros. En 1945, 65 000 albums en français de
Tintin furent vendus. Dix ans plus tard, c'étaient 430 000 exemplaires. Et
encore dix ans plus tard, en 1965, 1,37 million. Dès lors, la hausse
s'accélère: 2,2 millions d'exemplaires en français vendus en 1975, 3,7 en
1980. En 1984, l'année qui suit la mort de Hergé, Casterman écoule encore 3,2 millions d'albums. Les ventes vont descendre au-dessous de 2 millions, puis repasser les 3 millions au début des années 90, grâce aux dessins animés télévisés. Depuis, les chiffres ont sensiblement baissé, tout en restant à un niveau extravagamment élevé, surtout pour une série qu'aucune nouveauté n'entretient: 1,3 million d'exemplaires en 1996, 1,2 en 1997 et 1998. Chez Casterman, on note que 44 % des foyers français possèdent au moins un album de Tintin, que les collections complètes sont d'autant plus légion que les albums s'abîment moins que d'autres (lire p. 26) et que le très relatif affaiblissement des ventes pourrait donc venir aussi de ce que le marché est saturé. Même chose pour les traductions: Tintin est déjà paru en cinquante-huit langues, et Casterman ne vend plus les droits que pour des dialectes régionaux, comme des clins d'œil culturels plus que comme des affaires commerciales. Les dernières demandes de droits, précise-t-on chez Casterman, sont pour le tahitien et le monégasque. L'album rêvé Par BAYON, le 9/1/99 Je n'ai qu'un seul rival, c'est Tintin», tartarinait un jour de Gaulle. Il y a soixante-huit ans peut-être, mais aujourd'hui... Qui a jamais rêvé du Général? Malraux? Dans un décor lacustre tasmanien, Tintin, Haddock et quelques porteurs indigènes ou savants tenant de Szut et Zorino avancent en file indienne sur un chemin de pierres à fleur d'eau, sous un soleil rendant magnétique le paysage désert. Ailleurs, une autre fois, dans une lande entre bruyère et marais digne du Chien des Baskerville, au flanc d'une falaise, Tintin découvre une crypte. Une autre nuit encore, de fin du monde à la «Philippulus le prophète», sur les traces de l'Oreille cassée du Gran Chaco paraguayen (1936) et du Sceptre d'Ottokar (1937), un scénario plus raisonnable figure Tintin en espadrilles et foulard, courant la Catalogne aux temps de la guerre civile avec son complice belge Louis Mercier Vega (alias Corvrint), à la poursuite d'un Greco ravi par les anars. A quoi rêvent les vieux garçons? A Tintin, en Tintin; suivant une sorte de revisitation-commutation-permutation confinant au mouvement perpétuel. Le thème récurrent de cette rêverie représente la découverte extatique, dans un bac de bouquiniste, d'un album inconnu du héros blond huppé de Hergé – visitation «en abyme» élémentaire qui donna d'ailleurs lieu, récemment, à une bande dessinée. Le rêve dissipé, quel déchirement à quitter pour la réalité cette idéalité, ce songe d'enfance hypnotique; à renoncer au grimoire ultime, concrétion de tous les autres (22), comme en fiction exponentielle de Borges – qui réécrivait exactement le Don Quichotte de Cervantès. Chaque inédit éternellement recommencé, comme dans le coma opiacé qui suit l'engloutissement marin du héros en sarcophage dans les Cigares du pharaon, chaque métempsychose entrevue et perdue, laisse l'enfant qui dort en nous plus inconsolable. A telle enseigne qu'un jour de 1980, deux copains parigots dont on taira les noms, frères Grimm tintinnabulants, créèrent une fondation dont la vocation serait de réunir et répertorier les mille et une aventures virtuelles de Tintin et Milou. A fin éventuelle d'exécution d'un épisode posthume tirant à la source noire son inspiration ultime. Il ne s'agirait plus là d'un de ces innombrables faux grossiers, pastiche bâclé vieillissant ou outrageant à plaisir l'archétype. Mais d'une épure, une transsubstantiation plus vraie que nature, irrécusable à force de vertu. 62 pages réglementaires illustrées en stricte application de la charte graphique Hergé, tirées au cordeau «ligne claire». Quel graphiste sublimement humble, après cela, pourrait consacrer sa vie à cette entreprise ingrate (car aucun nom ne devait venir troubler celui du maître)? Qu'importe, on s'en fiche. Comme de la question, agitant le microcosme illustré, d'une éventuelle reprise sacrilège de la série par un usurpateur. Pour finir, la fameuse fondation n'a jamais vu le jour. Reste la vision, hologramme surgi par qui sait quelle faille spatio-temporelle de quelque inconscient générationnel collectif, centre de l'écriture ignoré ou Tibet neuronal; un «lobe Tintin». Morale: de Gaulle, tintin.
Tintin
format ad hoc? Par MATHIEU LINDON, le 2/12/99 Le prétexte est le soixante-dixième anniversaire de Tintin. Lui et son chien sont apparus pour la première fois dans le Petit Vingtième en 1929. Aujourd'hui, l'intégrale de leurs aventures, les vingt-trois albums qu'a dessinés Hergé, paraissent en un coffret de 8 volumes (trois titres par volume, sauf le premier qui ne contient que Tintin au pays des Soviets et au Congo), pas à proprement parler en poche, mais au format dit «trois quarts» (vingt-trois centimètres sur seize, contre trente sur vingt-trois pour les éditions précédentes). C'est-à-dire qu'on n'a pas touché à la mise en page originale, mais que chaque vignette a été réduite, les aventures de Tintin et Milou restant ainsi tout à fait lisibles (surtout quand on les a déjà lus). La décision d'Hergé d'interdire la continuation des aventures de son héros oblige ses héritiers et ses éditeurs à faire preuve d'imagination pour que de nouveaux titres soient quand même mis sur le marché. On a ainsi vu apparaître des éditions fac-similé des originales des Cigares du pharaon, de l'Ile noire ou de Tintin au pays des soviets. Ce coffret qui sent bon Noël profite de la numérisation des films servant à l'impression, «ce qui a permis d'améliorer la qualité du repérage des couleurs et de corriger certains défauts dus au vieillissement des supports» (ces films serviront désormais pour la réimpression des albums individuels). Le coffret, lui, ne sera pas réimprimé, précise l'éditeur pour mieux appâter les tintinophiles collectionneurs. Il a été tiré à 13 000 exemplaires, ce qui, pour Tintin, est un «tirage limité». Télérama Hergé ou l’art de l’emprunt
Idéaliste
novateur ou réac sans imagination, Hergé divise ses exégètes. Dernier épisode
: aurait-il pompé Jules Verne ? A vous de chercher les ressemblances ... Comment
expliquer l'indéniable parenté de situations et de personnages entre De la Terre à la Lune et Objectif Lune,
Autour de la Lune et On a marché sur la Lune ? Colorié d'un damier rouge et
blanc, l'obus vernien ferait une fort acceptable fusée hergéenne… Et
l'illustre professeur Tryphon Tournesol
n'a-t-il de commun avec le professeur Palmyrin Rosette du roman Hector Servadac
que le crâne chauve et les binocles ? Le nom, non ? Palmyrin-Tryphon,
Rosette-Tournesol… Michel
Daubert.
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